Le marché du capital-risque et du private equity donne des signes de reprise, mais sans retour à l’optimisme généralisé. La dernière enquête « Funding the Future » de HSBC montre que 48 % des investisseurs privés anticipent une hausse de l’activité au prochain trimestre, contre 44 % en juillet. En revanche, la proportion de répondants prévoyant une croissance sur les douze prochains mois recule de 64 % à 54 %, avec une détérioration particulièrement marquée en Asie-Pacifique.
Les valorisations constituent le signal le plus encourageant. Parmi les investisseurs interrogés, 51 % indiquent que les financements récents ont été majoritairement conclus à des valorisations en hausse. Il s’agit du niveau le plus élevé de l’histoire de l’enquête. À l’inverse, seulement 3 % rapportent une majorité de tours de table réalisés à des valorisations en baisse. Ces réponses suggèrent que l’ajustement sévère observé en 2022 et 2023 a été largement absorbé, même si une enquête d’opinion ne remplace pas les données effectives de transactions.
L’intelligence artificielle reste le principal aimant à capitaux. Elle est citée par 85 % des répondants comme le secteur le plus susceptible d’attirer des investissements privés au prochain trimestre. Mais l’enthousiasme se concentre désormais davantage sur la qualité des projets. Quelque 56 % des investisseurs anticipent un ralentissement significatif des dépenses d’infrastructures liées à l’IA dans les six à douze mois, contre 51 % auparavant. La part jugeant ce scénario très probable passe de 11 % à 20 %.
L’immobilier des centres de données et les opérateurs de colocation apparaissent comme le segment le plus exposé, cité par 55 % des sondés, contre 24 % en juillet. Si leur scénario défavorable se matérialisait, 29 % des investisseurs réduiraient leur exposition à l’IA d’un quart, contre seulement 7 % lors de l’enquête précédente.
La liquidité pourrait néanmoins s’améliorer. Un niveau record de 85 % des répondants prévoit de céder au moins une participation dans les douze prochains mois. Les ventes à des industriels restent la voie privilégiée pour 73 % d’entre eux. L’intérêt pour les introductions en Bourse progresse à 35 %, tandis que les fusions montent de 17 % à 31 %. Les rachats avec effet de levier reculent de 46 % à 35 %, ce qui reflète la persistance d’un coût de financement élevé.
Pour les marchés cotés, davantage de sorties peut alimenter le calendrier des introductions en Bourse et des opérations de consolidation. Mais la sélectivité accrue sur l’IA rappelle que les valorisations devront être justifiées par des revenus, des marges et des besoins de financement crédibles.


