L’affaire Cuisin’Or a laissé des traces dans les comportements d’achat du Grand Libreville : si les habitudes alimentaires ne se sont pas totalement effondrées, la confiance des consommateurs a nettement diminué. Lors de reportages dans marchés, supérettes et grandes surfaces, plusieurs clients ont déclaré qu’ils privilégient désormais les canaux perçus comme plus sûrs, notamment les grandes surfaces, et qu’ils vérifient davantage l’origine et les éléments d’authentification avant l’achat.
Des témoignages illustrent cette diversité d’attitudes : Triphène Mabondjo O., pâtissière, dit préférer les grandes surfaces ; Marlyse O. N. vérifie plus systématiquement l’origine ; à l’inverse, l’enseignant Gregg Jéril Boulingui affirme n’avoir rien changé. Sur le terrain, la situation varie selon les quartiers : à Akanda certains magasins manquaient d’huile Cuisin’Or malgré la demande, tandis qu’à Owendo des commerçants notent un ralentissement des ventes. À Nzeng-Ayong, des détaillants continuent de vendre la marque en soulignant son prix attractif pour des ménages à budget limité.
Olam Palm Gabon a réagi officiellement le 22 juillet 2026, assurant que l’huile produite à la raffinerie de Lambaréné est conforme aux normes de sécurité alimentaire et certifiée ISO 22000. L’entreprise met en avant des éléments d’authentification — bouchons sécurisés, bagues d’inviolabilité, étiquettes officielles, logo Olam selon les formats, dates de production et de péremption, et informations de traçabilité — et indique collaborer avec la DGCCRF et l’Agasa, tout en ayant déposé plainte pour identifier les trafiquants.
Cette communication a partiellement rassuré la clientèle, mais beaucoup restent vigilants : certains se fient à la couleur du produit ou inspectent les dispositifs d’inviolabilité. L’affaire soulève des questions sur l’efficacité des contrôles du marché et les moyens mobilisés par les autorités pour empêcher la circulation de produits frauduleux jusqu’aux consommateurs.

