Les habitudes d’information des investisseurs particuliers se diversifient rapidement. À l’occasion de la Semaine mondiale de l’investisseur, ouverte le 5 octobre sous l’impulsion de l’Organisation internationale des commissions de valeurs et soutenue en France par l’AMF, plusieurs études montrent la coexistence du conseil traditionnel, des outils numériques et des réseaux sociaux.
Selon le baromètre de l’AMF, 34 % des Français déclarent s’intéresser aux actions et 33 % disent avoir confiance dans ce type de placement. Avant d’investir, 42 % citent encore le conseiller bancaire ou financier comme source privilégiée. Cette place centrale s’érode néanmoins : 11 % des Français utilisent des outils d’intelligence artificielle pour se documenter et 10 % se tournent vers les réseaux sociaux ou les influenceurs.
L’étude mondiale « Decoding investors » d’Amundi apporte un autre éclairage. Elle indique que 61 % des investisseurs individuels ont accès à un conseil professionnel, contre 58 % en France. Les modes de contact diffèrent fortement selon l’âge. Jusqu’à 40 ans, plus de 70 % reçoivent parfois ce conseil à distance ou entièrement en ligne. Chez les personnes plus âgées, cette proportion passe sous 40 %, tandis que 74 % privilégient le rendez-vous physique.
La confiance semble aussi liée à la régularité de l’accompagnement : elle atteint 74 % chez les investisseurs toujours conseillés, contre 66 % chez ceux qui ne le sont qu’occasionnellement. La tranquillité d’esprit est citée dans 33 % des cas pour expliquer le recours à un professionnel, devant la recherche de performance, mentionnée par 30 %.
L’IA connaît la progression la plus spectaculaire. À l’échelle mondiale, 19 % considèrent désormais l’IA comme une source pertinente d’information et de conseil, contre 5 % un an auparavant. Sept investisseurs sur dix l’utilisent au moins occasionnellement pour leurs choix. En France, cette proportion atteint 53 %, dont 6 % de manière systématique. Par ailleurs, 60 % des répondants se disent prêts à laisser une IA effectuer des arbitrages, une proportion proche de 70 % chez les plus jeunes.
Les influenceurs gagnent également du terrain : 46 % des investisseurs mondiaux disent s’y référer. Les Français restent plus prudents, avec 28 %, contre 45 % au Royaume-Uni et 65 % au Brésil. L’usage diminue avec l’âge et reste principalement informatif. Pour l’investisseur, cette multiplication des sources renforce l’accès à la pédagogie, mais augmente aussi le besoin de vérifier l’origine des informations, les conflits d’intérêts et l’adéquation entre un conseil général et sa situation personnelle.

