Le marché immobilier français reste dans une phase de stabilisation fragile. À la fin de juin, l’Insee recensait 958 000 transactions dans l’ancien sur douze mois. Plusieurs professionnels anticipent au mieux environ 900 000 ventes sur l’ensemble de 2026. Le marché reste donc actif, mais sans retrouver le rythme observé avant la remontée des taux.

Les signaux envoyés par les réseaux immobiliers sont contrastés. Certains acteurs font état d’une activité commerciale dynamique pendant l’été, mais ces témoignages ne suffisent pas à caractériser un rebond national. La situation varie fortement selon les zones géographiques, le type de bien et la capacité d’emprunt des ménages. Dans certains territoires, les prix ont déjà nettement corrigé au cours des dernières années avant de commencer à se stabiliser.

Le principal frein vient désormais du financement. Les taux de crédit remontent progressivement avec le retour des tensions inflationnistes. La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois de l’année le 10 septembre. Une hausse du coût du crédit réduit mécaniquement la capacité d’achat des ménages à mensualité constante et peut obliger vendeurs et acheteurs à ajuster davantage leurs prix.

Pour un projet immobilier, l’enjeu n’est donc pas de prévoir un point bas parfait du marché. La qualité du bien, le niveau de négociation, le taux obtenu et la durée de détention restent déterminants. Un marché stabilisé peut offrir davantage de marge de négociation, mais une nouvelle hausse des taux pourrait encore réduire la solvabilité des acheteurs.

La situation des vendeurs est symétrique : un bien correctement positionné peut trouver preneur, mais un prix trop éloigné de la capacité de financement locale peut prolonger fortement les délais de vente.