Les dernières données détaillées du Bureau national des statistiques chinois décrivent une industrie toujours dynamique, mais de plus en plus polarisée. En août, la valeur ajoutée des entreprises industrielles au-dessus du seuil statistique a augmenté de 5,2 % sur un an et de 0,54 % sur un mois. Sur les huit premiers mois de 2026, la progression atteint 5,3 %.
La moyenne masque toutefois des écarts importants. La production manufacturière a crû de 6,1 % sur un an, tandis que la fabrication de haute technologie a bondi de 16,7 %. L’électronique ressort parmi les principaux moteurs : la valeur ajoutée des fabricants d’ordinateurs, d’équipements de communication et d’autres matériels électroniques a progressé de 17,2 %. La production de circuits intégrés a augmenté de 20,6 %, celle des robots industriels de 34,6 % et celle des véhicules à énergie nouvelle de 21,9 %, à 1,647 million d’unités.
À l’inverse, plusieurs segments traditionnels ou liés à la demande de masse restent sous pression. La production automobile totale a reculé de 2,7 %, celle des smartphones de 22,3 %, le ciment de 11,7 % et le traitement de pétrole brut de 6,9 %. La production d’électricité a également diminué de 0,8 %. Ces chiffres ne signalent donc pas une accélération uniforme de l’économie chinoise, mais une réallocation de l’activité vers les technologies avancées et certaines chaînes industrielles soutenues par l’investissement.
Le volet extérieur apporte un soutien supplémentaire : la valeur nominale des livraisons à l’exportation des entreprises industrielles suivies a augmenté de 11,1 % sur un an pour atteindre 1 435,7 milliards de yuans en août. Le ratio ventes-production s’est établi à 96,8 %, en baisse de 0,1 point sur un an, ce qui justifie néanmoins de surveiller l’écoulement des stocks.
Pour les investisseurs, le message est surtout celui de la sélectivité. Les producteurs de semi-conducteurs, d’automatisation et d’équipements liés à l’électrification bénéficient d’une dynamique supérieure, mais ils restent exposés aux cycles d’investissement, aux prix et au commerce extérieur. Les acteurs du bâtiment, du raffinage ou de l’électronique grand public présentent un profil plus fragile tant que la demande intérieure ne se raffermit pas.
