Les marchés indiens ont reculé jeudi sous l’effet combiné d’un durcissement monétaire et de la hausse du pétrole. Le Nifty 50 a perdu 0,54 % à 22 482,1 points, tandis que le Sensex a cédé 0,48 % à 72 290,77 points. Quatorze des seize grands secteurs ont terminé en baisse, et les indices de petites et moyennes capitalisations ont chacun reculé de 0,8 %.

La Reserve Bank of India a relevé son taux repo de 25 points de base à 5,5 %, sa première hausse en près de quatre ans. La banque centrale a lié ses prochaines décisions à l’évolution de l’inflation, de la liquidité et de la croissance du crédit. Ce mouvement augmente le coût du capital et peut peser sur les valorisations, en particulier pour les entreprises domestiques dépendantes du financement.

Le second facteur de pression vient de l’énergie. Le Brent a progressé de 2,2 % à 102,5 dollars le baril. L’Inde étant un grand importateur de pétrole, une hausse durable des cours peut dégrader la balance commerciale, alimenter l’inflation et réduire les marges des entreprises qui ne peuvent pas répercuter leurs coûts. Elle limite aussi la marge de manœuvre de la banque centrale pour assouplir rapidement sa politique.

La technologie a fait exception : le secteur a gagné 1,8 %, aidé par une hausse de 2,5 % de Tata Consultancy Services avant ses résultats trimestriels. Cette résistance montre que les valeurs exportatrices peuvent bénéficier d’une dynamique bénéficiaire distincte du cycle domestique. À l’inverse, Paytm et MobiKwik ont reculé après des informations sur un report de frais destinés aux commerçants, tandis qu’ITC a perdu 3 % après d’importantes transactions de blocs.

Pour les investisseurs, la séance rappelle que le marché indien reste exposé à trois variables liées : taux, pétrole et bénéfices. La qualité des résultats d’entreprises devra compenser un environnement macroéconomique devenu moins favorable.