Le Conseil de stabilité financière, ou FSB, a publié le 9 octobre une revue consacrée aux mécanismes publics de financement utilisables lorsqu’une grande banque systémique entre en résolution. Son constat est mitigé : des progrès ont été réalisés, mais près de la moitié des juridictions étudiées présentent encore des lacunes importantes quinze ans après les premières recommandations internationales sur le sujet.
Ces dispositifs ne sont pas conçus pour maintenir artificiellement en vie un établissement insolvable. Ils doivent fournir temporairement de la liquidité en dernier ressort lorsque les autres ressources sont épuisées, afin de préserver les fonctions essentielles et d’éviter une liquidation désordonnée. Un mécanisme crédible peut aussi réduire la probabilité d’une nationalisation précipitée, à condition que les autorités aient défini à l’avance les responsabilités, les garanties et les modalités de remboursement.
La revue fait suite aux faillites bancaires de 2023, qui avaient montré à quelle vitesse une tension de liquidité pouvait s’aggraver. Le FSB recommande aux autorités de préparer ces mécanismes avant la crise plutôt que de les improviser sous pression. Il formule six recommandations et appelle à un suivi plus étroit de leur mise en œuvre. Le rapport ne juge toutefois pas l’ensemble des capacités de chaque pays à gérer une crise financière : son périmètre est limité au financement public temporaire pendant une résolution.
Pour les investisseurs bancaires, ce sujet influence la perception du risque extrême. Un cadre de résolution crédible peut limiter la contagion et protéger les activités critiques, mais il ne supprime ni les pertes pour les actionnaires ni la possibilité de mise à contribution de certains créanciers. La présence d’un filet de liquidité public ne doit donc pas être confondue avec une garantie du capital investi.
L’analyse des banques systémiques doit rester centrée sur la liquidité, la stabilité des dépôts, les actifs mobilisables en garantie et la structure du passif. Les progrès réglementaires réduisent le risque d’une réponse improvisée, sans rendre les établissements fragiles automatiquement attractifs.

