La modernisation du reporting bancaire européen avance par étapes techniques, mais ses effets peuvent devenir très concrets pour les établissements cotés. La Banque centrale européenne développe avec les banques centrales nationales et le secteur bancaire le Banks’ Integrated Reporting Dictionary, ou BIRD, un dictionnaire commun destiné à harmoniser les données transmises aux autorités.
BIRD est une initiative collaborative et volontaire, accessible gratuitement. Son principe consiste à définir une seule fois les concepts utilisés dans les obligations statistiques, prudentielles et de résolution. À partir d’une couche de données commune, des règles de dérivation calculent les informations nécessaires, puis des règles de génération filtrent et agrègent les données pour produire les rapports réglementaires.
Une première version des règles de transformation consacrées à l’encumbrance des actifs, c’est-à-dire aux actifs grevés ou mobilisés comme garanties, vient compléter une version enrichie des règles FINREP. Ce travail vise à réduire les redondances entre systèmes, améliorer la qualité des données et faciliter l’automatisation. Il ne change pas immédiatement les exigences de fonds propres, mais peut réduire à terme la complexité opérationnelle de leur production et améliorer la comparabilité entre banques.
Le chantier est lié au futur Integrated Reporting Framework, ou IReF. La BCE organise un atelier le 22 octobre sur le périmètre du règlement, les établissements concernés, la proportionnalité, le calendrier et la transition. Un second rendez-vous, prévu le 3 novembre, portera sur la modélisation des obligations, les spécificités nationales et le rôle de BIRD dans la standardisation des processus.
Pour les investisseurs, l’enjeu n’est pas un catalyseur de résultat trimestriel. Il s’agit plutôt d’un facteur structurel : moins de rapprochements manuels, des données plus cohérentes et potentiellement une meilleure visibilité sur les actifs, les risques et les garanties. Les bénéfices dépendront toutefois des coûts informatiques de transition, du calendrier final et de l’adhésion effective des établissements. Les banques disposant déjà d’architectures de données intégrées pourraient absorber plus facilement cette évolution que celles reposant sur des systèmes fragmentés.
