Le programme nucléaire français entre dans une phase où le financement devient presque aussi important que la construction elle-même.
Le coût de construction actuellement envisagé pour les six nouveaux réacteurs EPR2 atteint plusieurs dizaines de milliards d'euros. Mais lorsque l'on ajoute les intérêts et le coût du financement sur plusieurs décennies, la facture globale pourrait dépasser largement 100 milliards d'euros et approcher 153 milliards dans certains scénarios étudiés.
La différence est considérable.
Elle illustre un principe souvent sous-estimé dans les grands projets d'infrastructure : quelques points de taux d'intérêt peuvent modifier profondément le coût final d'un investissement lorsque celui-ci s'étale sur plusieurs décennies.
Pour EDF, le mécanisme de financement est donc crucial.
Le groupe doit pouvoir investir massivement sans dégrader excessivement son bilan, tout en conservant suffisamment de ressources pour entretenir son parc existant et développer d'autres infrastructures énergétiques.
Pour les investisseurs, le dossier EDF rappelle surtout que le renouveau nucléaire européen constitue une opportunité industrielle immense, mais extrêmement capitalistique.
Les principaux bénéficiaires ne seront probablement pas uniquement les producteurs d'électricité. Les équipementiers, ingénieristes et fournisseurs de composants pourraient bénéficier d'un cycle d'investissement de plusieurs décennies.
