Le marché obligataire français traverse une période rarement observée depuis la création de l'euro.

Le rendement des obligations françaises à dix ans a récemment approché 5 %, tandis que l'écart avec les obligations allemandes a dépassé 140 points de base.

Cette hausse n'est pas anodine. Elle signifie que les investisseurs demandent désormais une rémunération beaucoup plus importante pour financer l'État français.

Les conséquences dépassent largement le marché obligataire. Les taux souverains servent de référence à une grande partie de l'économie. Lorsque leur rendement monte, le coût du financement des entreprises, des banques, de l'immobilier et des collectivités peut lui aussi augmenter.

Pour un investisseur, cette situation crée toutefois un paradoxe intéressant. Les obligations françaises redeviennent beaucoup plus rémunératrices qu'il y a quelques années.

Le problème est que cette rémunération supplémentaire correspond également à une perception plus élevée du risque.

Les investisseurs obligataires devront donc suivre non seulement le niveau absolu du rendement, mais surtout l'écart avec l'Allemagne. Une poursuite de l'élargissement du spread constituerait un signal important sur la perception du risque français par les marchés internationaux.