La correction boursière des semi-conducteurs masque une réalité industrielle impressionnante chez ASML.

Le fabricant néerlandais d’équipements destinés à produire les puces les plus avancées continue de bénéficier d’une demande extrêmement élevée.

Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires a atteint 11,7 milliards d’euros, en progression de 55 % sur un an. Le bénéfice net a plus que doublé pour atteindre 5 milliards.

Mais le chiffre le plus intéressant concerne les capacités futures.

ASML indique que l’offre pourrait rester insuffisante face à la demande jusqu’en 2029. Certains clients commencent déjà à discuter de commandes pour 2028, 2029 et même 2030.

Le groupe prévoit donc d’augmenter fortement ses capacités de production.

Cette situation place ASML dans une position unique dans l’écosystème des semi-conducteurs. Les fabricants de puces peuvent se concurrencer, mais ils restent très dépendants des machines de lithographie les plus avancées du groupe néerlandais.

Le principal risque n’est donc pas commercial.

Il est géopolitique.

Les restrictions américaines visant l’accès de la Chine aux technologies avancées pourraient réduire certains débouchés et accélérer le développement de solutions chinoises concurrentes.

ASML reste ainsi l’un des meilleurs exemples d’une entreprise disposant d’un quasi-monopole technologique, mais évoluant au centre de tensions géopolitiques majeures.