Produire davantage d'électricité renouvelable ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir conserver l'énergie lorsque le soleil brille ou lorsque le vent souffle, puis la restituer lorsque la demande augmente.
C'est précisément le rôle des systèmes de stockage par batteries, ou BESS.
Leur développement est accéléré par deux phénomènes. D'un côté, la part des énergies intermittentes augmente rapidement. De l'autre, le coût des équipements de stockage a fortement chuté au cours de la dernière décennie.
Les investissements dans les réseaux électriques constituent un autre moteur considérable. En France, le seul réseau de transport prévoit environ 100 milliards d'euros d'investissements entre 2025 et 2040.
Un véritable écosystème boursier apparaît autour de cette transformation.
Les énergéticiens comme Engie ou TotalEnergies développent leurs propres capacités. Des entreprises spécialisées comme Entech ou Grenergy conçoivent et exploitent directement des solutions de stockage. Les fabricants de batteries et les équipementiers complètent la chaîne.
Grenergy dispose par exemple d'un portefeuille de projets de stockage particulièrement important et développe au Chili un complexe associant énergie solaire et plusieurs milliers de batteries.
La croissance du secteur pourrait durer de nombreuses années.
Le principal risque reste son intensité capitalistique. Lorsque les taux d'intérêt montent fortement, la rentabilité financière de nombreux projets diminue mécaniquement.
Le stockage pourrait néanmoins devenir à l'électricité ce que les terminaux et les réservoirs sont depuis longtemps au pétrole : une infrastructure indispensable.