Les Gardiens de la Révolution d'Iran ont publié un avertissement explicite visant les tankers ancrés ou à quai dans les ports koweïtien et bahreïni, qualifiant ces ports de complices des « crimes » attribués à l'armée américaine. L'agence officielle Irna rapporte que les Gardiens exigent des équipages qu'ils « quittent leurs navires immédiatement », menaçant de prendre pour cible tout navire restant.

Washington a annoncé mardi avoir détruit cinq pétroliers dans la région du Golfe en représailles à des attaques antérieures des Gardiens contre un navire de la Marine américaine; Centcom a indiqué avoir demandé aux équipages d'abandonner leurs navires avant les frappes. Parallèlement, l'agence Tasnim signale qu'un « petit pétrolier » iranien a été touché par un missile près de l'île de Kharg, sans faire de victimes selon le rapport. Le contraste entre ces bilans multiplie les accusations et les ripostes verbales des deux côtés.

La rhétorique politique est montée d'un cran: Marco Rubio (qualifié ici de secrétaire d'État dans le récit) a prévenu que l'Iran perdrait des pétroliers chaque fois qu'il tenterait de frapper des navires américains. Du côté iranien, le chef d'état-major Ali Abdollahile a menacé de frapper les bases américaines au Moyen-Orient en représailles à toute attaque contre des pétroliers iraniens. Les Gardiens affirment aussi avoir capturé « l'un des drones sous-marins les plus modernes » de l'armée américaine à l'entrée du détroit d'Ormuz, alors que l'armée américaine reconnaît la perte d'un drone « d'un modèle ancien » dans la région.

Le contexte stratégique reste tendu malgré un cessez-le-feu instauré en avril qui avait suspendu une première phase de bombardements déclenchée après l'attaque du 28 février. Le détroit d'Ormuz, verrou par lequel transite habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz, connaît un trafic quasiment paralysé depuis le début du conflit. Sur le plan des sanctions, les États-Unis ont par ailleurs inscrit l'ensemble du secteur aérien iranien sur une liste noire, menaçant les organisations travaillant avec des compagnies comme Mahan Air et Iran Air.