Ithaca Energy pourrait interrompre ses investissements supplémentaires en Grande-Bretagne si le gouvernement n’approuve pas le développement de Rosebank, en mer du Nord. Son président, Yaniv Friedman, a indiqué au Financial Times que le groupe souhaitait continuer à investir dans la région, mais qu’il lui fallait un cadre politique et réglementaire suffisamment favorable.
Le dossier Rosebank concentre une part importante de cette incertitude. Un programme d’investissement de 3,8 milliards de dollars lié au développement en mer du Nord est à l’arrêt après l’annulation de l’autorisation du projet, intervenue à la suite d’une contestation portée par des militants pour le climat. Ithaca détient 20 % de Rosebank. Le solde appartient à Adura, coentreprise formée par Equinor et Shell.
Le calendrier réglementaire reste incertain. Le ministre britannique de l’Énergie a récemment indiqué qu’une décision sur le gisement gazier de Jackdaw était proche, tandis que celle concernant Rosebank demanderait davantage de temps. Pour les partenaires, cette attente complique la programmation des dépenses, la mobilisation des fournisseurs et l’arbitrage entre plusieurs bassins de production.
Ithaca dispose justement d’alternatives. Le groupe a annoncé l’acquisition, auprès de Suncor Energy, de trois actifs pétroliers offshore au Canada pour 1,2 milliard de dollars canadiens, soit environ 851 millions de dollars américains au taux mentionné dans la source. Selon son président, le Royaume-Uni est désormais en concurrence avec ces possibilités d’investissement canadiennes.
Pour les investisseurs, l’enjeu dépasse un projet isolé. Une absence d’approbation pourrait déplacer les capitaux d’Ithaca vers le Canada et réduire son exposition future à la mer du Nord. Une autorisation relancerait au contraire un actif majeur, mais avec des risques politiques, réglementaires et environnementaux qui peuvent encore influer sur le calendrier et le coût du projet.


