JetSMART modère son expansion face à la hausse du carburant. La compagnie à bas coûts sud-américaine prévoit désormais une croissance de capacité d’environ 14 % en 2026 par rapport à l’année précédente, un rythme inférieur à ses ambitions initiales. Son directeur général, Estuardo Ortiz, prévient que l’exercice suivant pourrait également être affecté si les prix du carburant restent élevés.

Cette révision illustre la sensibilité du modèle low cost au kérosène. Une compagnie peut gagner des passagers et remplir davantage ses avions tout en voyant ses marges se contracter si le coût du carburant progresse plus vite que les tarifs. JetSMART ne renonce toutefois pas à développer sa flotte ni à gagner des parts de marché en Amérique du Sud. Elle cherche plutôt à privilégier une croissance plus sélective.

Le groupe compte notamment utiliser les nouveaux droits accordés à sa filiale chilienne pour exploiter des liaisons intérieures et internationales en Argentine. L’objectif n’est pas d’ajouter brutalement des sièges, mais de prolonger certaines rotations, par exemple entre Santiago, Buenos Aires, d’autres villes argentines ou le Brésil. Cette organisation doit améliorer l’utilisation des avions et des équipages, donc réduire le coût unitaire.

JetSMART examine aussi un possible retour au Venezuela. Des autorisations de liaison ont été demandées, mais aucun calendrier de lancement n’est arrêté. En parallèle, la compagnie poursuit l’extension de son accord commercial avec American Airlines, avec davantage de vols en partage de code prévus d’ici la fin de 2026 et en 2027.

Pour les investisseurs du secteur aérien, le message est double. La demande régionale reste suffisamment solide pour justifier une expansion, mais le carburant impose davantage de discipline sur les capacités. La réussite dépendra de la capacité de JetSMART à augmenter ses recettes unitaires, optimiser ses appareils et préserver ses marges sans perdre l’avantage tarifaire qui soutient sa croissance.