Les chiffres d'inflation américains (indice PCE) publiés pour juillet se sont révélés un peu plus fermes que prévu: +0,2% mensuel contre 0,1% attendu, et un taux annuel à 3,7%. L'inflation sous-jacente mensuelle non arrondie s'est située autour de 0,246%, proche de 0,3%. Cette persistance a ravivé l'idée qu'une hausse des taux de la Réserve fédérale est possible lors de la prochaine réunion, même si les marchés continuent d'évaluer la probabilité d'une hausse à environ 60%.

En réaction, le dollar a gagné environ 0,3%, sa plus forte progression en deux semaines, et les rendements des Treasuries ont progressé de 1 à 3 points de base. La courbe 2 ans/30 ans s'est aplatie, signant sa clôture la plus plate depuis la réunion de la Fed de juillet. L'adjudication des obligations à 5 ans a été jugée raisonnable, avec un ratio offre/demande de 2,37, le plus élevé de l'année, ce qui a tempéré une réaction plus vive sur le marché obligataire.

Sur les actions, les places asiatiques ont enregistré des hausses modérées (Corée +1%, Japon et Chine +0,5%) tandis que l'Europe, le Royaume-Uni et Wall Street ont peu bougé. Sept secteurs du S&P 500 ont reculé contre quatre en hausse; la santé a pâti (-1%) tandis que l'industrie a progressé (+1%). Parmi les valeurs, Moderna et Eli Lilly ont reculé, Honeywell a progressé. Nvidia a publié des résultats supérieurs aux attentes mais son titre a cédé jusqu'à 3% en after-hours en raison d'une prévision de marge brute en baisse à 74% au trimestre suivant.

D'autres marchés ont affiché des mouvements notables: le cuivre US a atteint un record, le Brent recule, l'or perd du terrain et le gaz naturel US remonte au plus haut d'un mois. Côté macro, la deuxième estimation du PIB a confirmé une part record des bénéfices des entreprises (12,1% du PIB) au T2; le taux d'épargne des ménages remonte légèrement mais reste historiquement bas (3,0%), suggérant un soutien de la consommation via le crédit plutôt que l'épargne.

À court terme, l'attention se porte sur le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, l'adjudication de bons à 7 ans du Trésor et plusieurs publications de résultats et indicateurs US (demandes d'allocations chômage, échanges commerciaux). Ces éléments seront clés pour juger si l'inflation marque un palier ou reprend de la vigueur.