JPMorgan adopte une position moins négative sur Intel. La banque américaine relève sa recommandation de « sous-pondérer » à « neutre », tout en conservant un objectif de cours de 85 dollars à l’horizon décembre 2027. Le titre gagnait 3,2 % après cette publication.

Le changement de ton intervient après une baisse d’environ 36 % depuis le sommet de juin, alors que le secteur des semi-conducteurs a reculé de 20 % à 25 % sur la même période. JPMorgan considère que le rapport rendement-risque est désormais plus équilibré. La valorisation s’est détendue : Intel se négocierait autour de 25 fois les bénéfices estimés par la banque pour 2028, contre environ 24 fois pour le secteur. Cet écart limité ne constitue toutefois pas, à lui seul, une décote manifeste.

L’amélioration opérationnelle sous la direction de Lip-Bu Tan soutient aussi la révision. Au deuxième trimestre 2026, la division Data Center and AI a dégagé 2,5 milliards de dollars de résultat opérationnel, dépassant pour la première fois l’activité PC. La demande pour Granite Rapids reste forte et certains accords d’approvisionnement, notamment avec Google, donnent de la visibilité jusqu’en 2027. Dans les ordinateurs personnels, les modèles intégrant des fonctions d’intelligence artificielle représentent désormais les deux tiers de l’activité client, même si le renchérissement de la mémoire pourrait peser sur les volumes.

La fabrication progresse également. Le procédé 18A-P est entré en production à risque, tandis qu’Intel maintient son calendrier pour le 14A, avec une production à risque prévue au second semestre 2027 avant une montée industrielle en 2028. Mais la validation commerciale reste le point faible : la fonderie destinée aux clients externes ne représentait qu’environ un milliard de dollars de revenus annualisés au premier semestre 2026, très loin des quelque 150 milliards attribués à TSMC.

JPMorgan prévoit enfin un bénéfice par action 2028 supérieur d’environ 15 % au consensus. Le signal est encourageant, mais il reflète une amélioration progressive plutôt qu’un redressement achevé.