L’euro commence la semaine sous forte pression. La monnaie unique recule de 0,5 % à 1,1193 dollar, un niveau qui n’avait plus été observé depuis mai 2025. Ce mouvement prolonge cinq semaines consécutives de baisse et traduit un regain d’aversion pour le risque politique et budgétaire en zone euro.

La France concentre une partie des inquiétudes. L’écart de rendement entre l’obligation française à dix ans et le Bund allemand atteint 147 points de base. Ce spread, souvent utilisé pour mesurer la prime de risque exigée sur la dette française, ressort environ deux fois au-dessus de sa moyenne des deux dernières années et quatre fois supérieur au niveau observé cinq ans auparavant.

Les investisseurs redoutent qu’une tension prolongée sur la dette française se diffuse au reste de la zone euro. Des rumeurs d’élections anticipées en Espagne ajoutent un facteur d’incertitude politique. Dans ce contexte, l’euro subit à la fois la hausse de la prime de risque européenne et le retour vers des monnaies perçues comme plus défensives.

Le dollar bénéficie de ce mouvement. L’indice DXY a progressé de 1,1 % sur la semaine écoulée. Le franc suisse attire également des flux : l’euro a perdu 1,5 % face à la devise helvétique, à 0,9292 franc.

Pour les investisseurs français, une baisse durable de l’euro produit des effets contrastés. Elle peut soutenir les revenus convertis des entreprises exportatrices ou fortement implantées hors zone euro. Elle renchérit en revanche les importations facturées en dollars et peut augmenter la volatilité des portefeuilles exposés aux devises.

La suite dépendra surtout de l’évolution du spread franco-allemand. Une stabilisation obligataire pourrait soulager l’euro, tandis qu’un nouvel élargissement renforcerait le risque de baisse. Les annonces budgétaires françaises et la perception du risque politique en Europe deviennent donc des catalyseurs immédiats pour le marché des changes.