Les marchés européens ont ouvert dans le rouge sous l’effet d’une brusque montée de l’aversion au risque autour des investissements liés à l’intelligence artificielle. Dans les premiers échanges, le CAC 40 perdait 0,19 %, le DAX 0,53 % et le FTSE 100 0,06 %. Le Stoxx 600 reculait de 0,40 %, tandis que l’EuroStoxx 50 abandonnait 0,58 %.
Le point de tension principal vient de CoreWeave. L’opérateur de centres de données, déficitaire et endetté à hauteur de près de 50 milliards de dollars selon LSEG, avait chuté de 15 % à Wall Street mercredi et perdait encore 6 % hors séance. Le rendement de ses obligations arrivant à échéance en 2032 a dépassé 15 %, propageant l’inquiétude au marché du crédit à haut rendement.
La réaction dépasse le seul dossier CoreWeave. Les investisseurs réévaluent la capacité des acteurs de l’IA à générer assez rapidement des flux de trésorerie pour rémunérer des investissements massifs et supporter leur dette. Cette prudence touche les semi-conducteurs malgré les résultats records de TSMC. Le titre du fabricant taïwanais reculait de 2,01 %, ASML de 6,14 %, STMicroelectronics de 7,45 % et Infineon de 9,03 %. L’indice technologique du Stoxx 600 cédait 2,62 %.
Le mouvement de fuite vers la qualité soutenait les obligations souveraines. Le rendement du Treasury américain à dix ans reculait d’environ dix points de base à 5,09 %, et celui du Bund allemand à dix ans baissait d’environ sept points à 3,39 %. Ces replis montrent que les investisseurs privilégient temporairement les actifs jugés plus sûrs.
La séance reste aussi alimentée par les statistiques américaines attendues sur les ventes au détail, les inscriptions au chômage et les prix à la production, après un indice des prix à la consommation supérieur aux attentes. Pour les investisseurs, le risque immédiat est une contagion du stress de crédit à l’ensemble du thème de l’IA. La distinction entre entreprises rentables, groupes disposant d’un bilan solide et acteurs fortement endettés devient centrale.


