Les actions européennes ont débuté la semaine en hausse, profitant d'un apaisement simultané sur le pétrole et sur la dette française. Vers 9 h 34 à Paris, le CAC 40 gagnait 0,74 % à 7 840,66 points. Le DAX progressait de 0,64 % à Francfort et le FTSE 100 de 0,41 % à Londres. À l'échelle régionale, le Stoxx 600 avançait de 0,29 %.

Ce rebond intervient après une semaine marquée par trois sources de tension : la remontée des rendements souverains français, la faiblesse des valeurs technologiques et l'envolée du pétrole. Le recul des cours de l'énergie réduit momentanément la pression sur les anticipations d'inflation et sur les marges des entreprises consommatrices de carburant. Dans le même temps, le rendement de l'OAT française est repassé sous 5 %, offrant un répit aux actifs français.

La décision de Moody's de conserver la note de la France à Aa3, avec une perspective négative, a contribué à calmer les ventes d'obligations. Cette stabilité ne supprime toutefois pas le risque budgétaire. Les investisseurs restent attentifs à la préparation du budget 2027 et à ses conséquences possibles sur la trajectoire de dette, le coût de financement de l'État et la prime de risque demandée aux émetteurs français.

La séance conserve par ailleurs une forte dimension microéconomique. GTT chutait de 11 % après ses résultats trimestriels et l'abaissement de la recommandation de Bernstein. Galp perdait plus de 8 % après l'échec de son projet de rapprochement avec Moeve. Les sociétés exposées au Brésil étaient également sous pression après le résultat de l'élection présidentielle : Edenred reculait de 1,24 %, Pluxee de 2,7 %, Carrefour de 0,83 % et Santander de 5,3 %.

Pour un investisseur français, le signal principal n'est donc pas seulement la hausse du CAC 40, mais la détente conjointe des facteurs qui avaient pesé sur les valorisations. Si le pétrole et l'OAT poursuivent leur reflux, les secteurs sensibles aux taux et aux coûts énergétiques pourraient retrouver de l'attrait. À l'inverse, une nouvelle tension sur l'un de ces deux marchés fragiliserait rapidement le rebond.

La suite de la semaine sera déterminante. La Réserve fédérale et la Banque centrale européenne doivent rendre leurs décisions respectivement mercredi et jeudi. Les résultats d'Alphabet, Microsoft, Amazon, TotalEnergies et des grandes banques françaises fourniront aussi une lecture plus précise des bénéfices. La hausse du jour ressemble donc davantage à une respiration qu'à un changement durable de tendance. La confirmation passera par les taux, le pétrole et les perspectives publiées par les entreprises.