Les marchés européens abordent la semaine avec prudence après une séquence précédente solide. Les premières indications donnent le CAC 40 en repli de 0,36 % à l’ouverture, le Dax de 0,17 %, le FTSE de 0,04 % et le Stoxx 600 de 0,09 %. Cette orientation modérée masque plusieurs sources de risque très différentes.

La France reste au centre des préoccupations. Des violences et des pillages ont accompagné samedi une journée de manifestations contre la vie chère, en pleine discussion budgétaire. Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et une cellule de crise doit être présidée par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Pour les marchés, l’enjeu dépasse l’ordre public : la trajectoire budgétaire française est déjà surveillée et le rendement souverain a atteint ce mois-ci des niveaux inédits depuis 2002, avec un écart accru face à l’Allemagne.

Le secteur technologique demeure une autre source de nervosité. Wall Street a terminé vendredi en baisse, le Nasdaq perdant 2,14 %, le S&P 500 1,09 % et le Dow Jones 0,34 %. CoreWeave a chuté de 11,9 % sur la séance et d’environ 25 % en cinq jours, alors que son endettement alimente les interrogations sur la capacité des entreprises liées à l’IA à générer assez de profits pour supporter la hausse du coût du capital. Les résultats attendus de Meta et Tesla offriront de nouveaux tests.

L’énergie apporte un contrepoids. Le Brent, après avoir atteint 110 dollars le baril vendredi, recule légèrement à la suite de l’annonce américaine d’un allègement de sanctions et restrictions visant la Russie, susceptible d’accroître les exportations de carburant.

Enfin, la croissance chinoise du troisième trimestre a dépassé les attentes, réduisant la pression immédiate pour de nouvelles mesures de soutien. Pour l’investisseur européen, la séance devrait donc arbitrer entre risque politique français, valorisations technologiques, détente pétrolière et amélioration du signal chinois.