L’avertissement de MSCI a provoqué un choc immédiat sur les actifs indonésiens. Le fournisseur d’indices estime que le marché local ne remplit plus les critères associés au statut émergent et envisage un classement en marché autonome, une catégorie exclue des indices émergents comme des indices frontières.
La réaction a été brutale. L’indice de référence de Jakarta a plongé de 11 %, sa plus forte baisse en une séance depuis 1998, pour atteindre un plus bas de six ans. La roupie a reculé de 0,6 % à 18 070 pour un dollar, son niveau le plus faible depuis la fin juillet. Ces mouvements traduisent la crainte de ventes forcées par les fonds qui répliquent les indices MSCI et d’un désengagement plus large des investisseurs internationaux.
Les inquiétudes de MSCI portent sur le fonctionnement du marché, notamment l’opacité de certaines structures de propriété, la mesure du flottant et les pratiques de négociation. L’Indonésie avait déjà été gelée dans les indices en janvier, avec la menace d’un déclassement en marché frontière. Le nouveau scénario est plus sévère, puisqu’un marché autonome ne bénéficie pas de l’inclusion dans les grandes familles d’indices suivies par les gérants passifs et utilisées comme références par les fonds actifs.
MSCI consultera les acteurs du marché jusqu’en avril 2027 et prévoit une décision d’ici juin 2027. Une reclassification pourrait être évitée si l’Indonésie apporte des preuves manifestes d’amélioration de la gouvernance et du fonctionnement du marché. La Bourse indonésienne affirme avoir déjà pris des mesures pour renforcer la transparence et l’intégrité, mais l’indiceur attend une mise en œuvre convaincante.
Pour les investisseurs, le risque dépasse la variation quotidienne. Une sortie des indices peut réduire durablement la liquidité, augmenter le coût du capital des sociétés cotées et renforcer la pression sur la devise. Le calendrier laisse du temps aux autorités pour répondre, mais aussi plusieurs mois d’incertitude pendant lesquels les flux peuvent rester défavorables. Il convient donc de distinguer la qualité fondamentale des entreprises de leur exposition mécanique aux indices et aux capitaux étrangers.


