L’éventuelle introduction en Bourse d’Anthropic pourrait transformer une participation privée difficile à valoriser en actif coté pour Alphabet et Amazon. Mais, pour les investisseurs, le principal sujet n’est peut-être pas la plus-value potentielle : c’est le poids croissant de la société d’intelligence artificielle dans les perspectives de Google Cloud et d’Amazon Web Services.

Scotia a évalué l’impact d’une cotation sur la base d’une valorisation hypothétique de 1 500 milliards de dollars pour Anthropic. Dans ce scénario, la participation détenue par Alphabet représenterait environ 16 dollars par action, soit près de 5 % de sa valeur boursière, tandis que celle d’Amazon vaudrait environ 27 dollars par action, proche de 10 % de sa capitalisation. Ces chiffres sont des estimations de courtier et dépendent directement du prix retenu lors d’une éventuelle opération.

Le lien commercial paraît plus structurant. D’après les données rapportées par Reuters, Anthropic aurait pris environ 111 milliards de dollars d’engagements auprès de Google Cloud et 110 milliards auprès d’AWS. Scotia estime que ces montants correspondent à environ 22 % du carnet de commandes publié par chacune des deux divisions cloud. Anthropic devient ainsi à la fois un actif financier et un client majeur, ce qui crée un levier de croissance mais aussi une concentration inhabituelle.

Les dernières indications opérationnelles alimentent cette lecture. Anthropic aurait annoncé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards de dollars au troisième trimestre, en hausse de 45 % sur trois mois, ainsi qu’une rentabilité ajustée sur la période. La croissance aurait néanmoins ralenti, ce qui aurait ramené certaines attentes de valorisation d’environ 2 000 milliards à 1 500 milliards de dollars.

Pour Alphabet et Amazon, une cotation offrirait davantage de transparence sur la valeur de leurs participations. Elle exposerait aussi plus clairement leurs actions aux variations de valorisation d’Anthropic. L’investisseur doit donc séparer deux effets : la valeur ponctuelle du capital détenu et la qualité récurrente des revenus cloud associés aux contrats d’infrastructure.