Lululemon Athletica (LULU) a vu son cours reculer de 18 % hors séance le 3 septembre, plongeant sous la barre des 100 dollars et effaçant une grande partie des gains réalisés depuis son record historique de 511,29 $ en décembre 2023. Le titre se situe aujourd’hui environ 80 % en dessous de ce sommet et est retombé sous son plus bas sur 52 semaines, au plus bas niveau depuis près de huit ans.

La pression provient principalement d’un troisième abaissement consécutif des prévisions annuelles en 2026. Après des révisions antérieures en mars (CA attendu 11,35–11,50 Mds$) et en juin (11,00–11,15 Mds$), Lululemon a réduit sa fourchette à 10,35–10,50 Mds$ en septembre. Ces ajustements interviennent malgré des bénéfices trimestriels au-dessus des attentes, la société enregistrant toutefois des ventes en deçà des prévisions: le chiffre d’affaires du deuxième trimestre a reculé de 4 % à 2,42 Mds$, avec des ventes comparables en baisse de 10 % au niveau mondial et de 12 % en Amérique du Nord.

L’entreprise traverse une année troublée sur le plan extra-financier et de gouvernance: un bras de fer public avec le fondateur Chip Wilson, le départ en janvier de l’ex-PDG Calvin McDonald, ainsi qu’une polémique en mai liée à un événement sur la Grande Muraille de Chine. La co-CEO intérimaire et CFO Meghan Frank a pointé l’impact sur la réputation, évoquant des commentaires négatifs dans les médias et sur les réseaux sociaux qui ont réduit la fréquentation des magasins et l’accueil des nouveaux produits.

Le contexte concurrentiel s’est durci, avec Alo Yoga et Vuori gagnant des parts de marché en Amérique du Nord. Heidi O’Neill, future directrice générale, prendra ses fonctions la semaine prochaine et devra mettre en œuvre un plan de redressement dont les effets ne sont pas encore visibles. Pour le troisième trimestre, Lululemon anticipe une baisse de chiffre d’affaires de 10 à 11 % sur un an.