L’Amérique latine retrouve une place dans les stratégies de diversification après un trimestre favorable aux marchés émergents de la région. Le contexte mondial reste pourtant contrasté : les actions ont résisté au troisième trimestre, soutenues par la progression des bénéfices et une conjoncture encore solide, tandis que les obligations d’État mondiales ont enregistré leur plus mauvaise performance trimestrielle depuis la fin de 2024 sous l’effet de la hausse des taux.
La performance boursière n’a pas été uniforme. La technologie et l’énergie ont figuré parmi les secteurs les plus solides. À l’inverse, les services aux collectivités, l’industrie, l’immobilier et la consommation ont reculé. Cette dispersion rappelle que la bonne tenue des indices mondiaux ne signifie pas une progression généralisée de toutes les classes d’actifs.
Dans ce paysage, l’Amérique latine a réalisé un bon trimestre. La région combine des valorisations considérées comme attractives et l’espoir d’un assouplissement des politiques économiques. Si ce mouvement se confirme, il pourrait améliorer la stabilité macroéconomique et faciliter des réformes favorables à l’investissement.
L’intérêt pour la zone tient aussi à sa composition différente de celle des grands indices américains. Les marchés latino-américains offrent une exposition plus importante aux matières premières, à l’énergie, aux banques et aux entreprises domestiques. Cette structure peut réduire la dépendance d’un portefeuille aux grandes valeurs technologiques américaines, mais elle ajoute d’autres risques : volatilité des devises, dépendance aux cycles des matières premières, instabilité politique et profondeur de marché parfois limitée.
Le scénario mondial reste lui-même incertain. La croissance américaine se maintient, mais la confiance des consommateurs se fragilise. L’Europe fait face à de nouvelles pressions inflationnistes, tandis que le climat des affaires s’améliore au Japon. Dans ce contexte, l’Amérique latine peut constituer un complément de diversification, à condition de ne pas l’interpréter comme un placement défensif. Une allocation progressive et proportionnée permet de bénéficier du potentiel de revalorisation tout en limitant l’impact des risques locaux.
