Les autorités iraniennes ont annoncé une hausse ciblée du prix de l'essence pour les plus gros consommateurs : la troisième tranche du système de quotas passera de 5 000 tomans à 10 000 tomans le litre à compter du 8 septembre. Le système en place établit déjà des tarifs différenciés : 1 500 tomans le litre pour les 60 premiers litres mensuels, puis 3 000 tomans pour les 50 litres suivants, avant la tranche majorée désormais doublée.
La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a expliqué que différents niveaux avaient été discutés mais que, conformément à l'engagement présidentiel, le tarif retenu est de 10 000 tomans. Le toman, unité informelle, vaut 10 rials iraniens. Toute modification des prix du carburant est sensible en Iran, grand producteur de pétrole qui maintient l'un des carburants les moins chers au monde via des subventions.
La décision intervient dans un contexte de pression externe : les États-Unis imposent un blocus naval des ports iraniens en représailles au verrouillage du détroit d'Ormuz, et Washington a annoncé fin août un train de sanctions destiné à « asphyxier économiquement » l'Iran, présenté par Scott Bessent du ministère des Finances américain. Sur le plan interne, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et négociateur en chef dans la guerre, avait appelé la population à réduire sa consommation d'essence face aux difficultés d'approvisionnement.
Le relèvement ciblé vise visiblement à contenir la demande des gros consommateurs et à réduire la charge budgétaire liée aux subventions, alors même que les marchés de l'énergie montrent des tensions — le pétrole au-dessus de 90 dollars et le gaz à leurs plus hauts depuis 2023 selon les médias cités.


