Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a réagi fermement samedi sur X, affirmant que "le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien" et qu'il ne peut être "pris d'assaut avec un tweet ou un porte-avions". Sa mise au point intervient après qu'au cours d'un meeting Donald Trump a déclaré, sur un ton qualifié de plaisanterie par un haut responsable de la Maison Blanche cité par le Wall Street Journal, qu'il finirait par déclarer Ormuz « territoire des États-Unis » une fois l'Iran « battu ». Téhéran a qualifié d'« mensonge » l'affirmation américaine selon laquelle les États-Unis contrôlent le détroit.

Le détroit d'Ormuz concentre l'essentiel des affrontements depuis l'attaque américano-israélienne contre l'Iran fin février, événement qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient. Téhéran a riposté en frappant des pays alliés de Washington et a un temps verrouillé le passage, provoquant des envolées des cours du pétrole. Les États-Unis, pour leur part, ont imposé un blocus des ports iraniens et menacent désormais d'isoler économiquement l'Iran « comme le monde n'en a jamais vu », selon le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

La guerre, qui dure depuis plus de cinq mois, a fait « des milliers de morts » et alimente une forte hausse des prix de l'énergie : le prix de l'essence aux États-Unis est indiqué en hausse de plus de 35% par rapport à l'avant-guerre. Le protocole d'accord signé en juin entre Iran et États-Unis pour mettre fin durablement au conflit s'est effondré début juillet, en grande partie à cause des désaccords sur le statut d'Ormuz, et les négociations sont restées dans l'impasse malgré une baisse récente de l'intensité des hostilités.

Sur le terrain, des attaques attribuées à l'Iran continuent de viser des navires transitant par Ormuz. Les Émirats arabes unis ont accusé l'Iran d'attaquer vendredi deux navires affiliés à la compagnie publique Adnoc. Par ailleurs, les rebelles yéménites Houthis, alliés de Téhéran, poursuivent des attaques en mer Rouge contre des navires saoudiens et des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite.