L’Oréal a récemment dépassé LVMH pour devenir la première capitalisation du CAC 40. Au moment de la publication, le groupe de cosmétiques était valorisé autour de 207 milliards d’euros, contre environ 199 milliards pour LVMH. Cette évolution traduit surtout une meilleure résistance du titre: L’Oréal reste soutenue par un modèle diversifié et une croissance qui demeure solide malgré un environnement moins favorable.

Au premier semestre 2026, le groupe a enregistré une croissance organique de 6,5 %. Son positionnement ne repose pas uniquement sur le luxe: soins, cosmétiques, parfums, distribution mondiale et marques premium contribuent à diversifier ses moteurs de croissance. L’acquisition de Kering Beauty renforce également son portefeuille dans les parfums et les licences de prestige. La puissance marketing, l’innovation, le commerce en ligne et le vieillissement de la population sont aussi présentés comme des soutiens structurels.

Le principal point de vigilance se situe désormais dans la valorisation. L’action se négocie autour de 29 fois les bénéfices attendus en 2026, contre environ 18 fois pour LVMH. Cette prime peut rester soutenable si L’Oréal maintient sa croissance organique, ses marges et son exécution commerciale, mais elle rend le titre plus sensible à une déception sur les résultats.

La Chine constitue un autre risque important, avec une consommation prudente et la progression des marques locales. Les devises peuvent également peser sur les comptes lorsqu’un euro plus fort réduit la valeur des revenus réalisés à l’étranger. Enfin, la concurrence d’Estée Lauder, Puig, Coty, Shiseido et des marques coréennes reste à surveiller, tout comme les coûts de matières premières et de transport.

Pour l’investisseur, le dossier oppose donc qualité opérationnelle et niveau de valorisation. La capacité de L’Oréal à conserver sa prime dépendra surtout de la poursuite de sa croissance, de la tenue de ses marges et de l’évolution de la demande en Chine.