La De Nederlandsche Bank (DNB) a annoncé le transfert de 86 tonnes de lingots d'or auparavant stockés à New York et à Ottawa vers Londres, motif invoqué : une « instabilité géopolitique croissante ». Selon la banque centrale néerlandaise, le Royaume‑Uni offre une meilleure disponibilité et négociabilité des réserves en cas de crise majeure, justifiant ce recentrage partiel.
Après cette opération, la répartition des avoirs physiques des Pays‑Bas est la suivante : 18,5 % à New York, 18,5 % à Ottawa et un peu plus de 32 % à Londres. Le reste des 612,4 tonnes d'or du pays demeure conservé à l'intérieur des frontières néerlandaises. La DNB présente ce mouvement comme une mesure de précaution visant à garder la main sur ses réserves, sans évoquer de retrait total des dépôts à l'étranger.
Cette décision s'inscrit dans une tendance européenne récente. La France a, pour sa part, vendu 129 tonnes d'or entre juillet 2025 et janvier 2026, soit environ 5 % de ses réserves, opération qualifiée de purement technique par la Banque de France. De même, l'Allemagne s'était posée des questions sur la sécurité de ses réserves à New York au début de l'année, envisageant un transfert vers l'Europe qui n'a finalement pas été réalisé.
Concrètement, le mouvement néerlandais illustre une prudence accrue des banques centrales européennes autour du stockage transatlantique de l'or. Il reflète aussi des arbitrages logistiques et de liquidité : Londres apparaît pour la DNB comme un hub plus accessible pour la mobilisation rapide d'actifs physiques en situation de stress.

