La Banque centrale européenne a procédé à une nouvelle hausse de ses taux directeurs lors de sa réunion de septembre, augmentant le taux de dépôt de 2,25% à 2,50%, le taux de refinancement de 2,40% à 2,65% et le taux de prêt marginal de 2,65% à 2,90%. La décision, largement attendue, repose sur le constat que les tensions au Moyen-Orient et les perturbations de la navigation au large d'Ormuz continuent d'alimenter les prix de l'énergie.
L'inflation de la zone euro a accéléré à 3,3% le mois dernier, en grande partie sous l'effet de la hausse du pétrole, qui a dépassé les 100 dollars le baril. Christine Lagarde a mis en garde contre un risque d'aggravation du choc énergétique et un impact plus ample sur les prix et les salaires, ce qui justifie selon la BCE une trajectoire de resserrement monétaire plus soutenue qu'anticipé précédemment.
La banque centrale a ajusté ses projections : inflation stable à 3% pour 2026 mais désormais estimée à 2,5% pour 2027 (contre 2,3% antérieurement), puis 2,1% en 2028. En parallèle, les prévisions de croissance ont été légèrement relevées, avec +0,9% attendu en 2026, +1,4% en 2027 et +1,5% en 2028, la résilience du PIB au T2 (0,6%) offrant selon la BCE une marge pour continuer la lutte contre l'inflation.
Sur les marchés, les opérateurs ont renforcé leurs paris sur de nouvelles hausses : ils anticipent désormais environ 60 points de base supplémentaires d'ici avril 2027. Les rendements obligataires se sont inscrits à la hausse, le Bund 10 ans autour de 3,48% et l'OAT 10 ans française atteignant environ 4,39%, tandis que les maturités longues frôlent des niveaux inédits depuis la crise financière.
La BCE a souligné l'incertitude élevée entourant les perspectives et a intégré la progression des taux longs dans ses projections, tout en notant que le scénario énergétique reste le principal moteur d'évolution des prix dans l'immédiat.

