La Banque centrale européenne a décidé à l’unanimité de relever ses taux directeurs de 25 points de base, portant le taux sur les dépôts à 2,5%, son plus haut niveau depuis mars 2025. Christine Lagarde a justifié cette décision par une inflation jugée « durablement forte » et des risques à la hausse liés notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le communiqué souligne par ailleurs une économie plus résistante qu’attendu au premier semestre.

La BCE a relevé ses prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année, à 0,9% (contre 0,8% auparavant), puis à 1,4% en 2027 et 1,5% en 2028. Mais côté inflation, les prévisions restent élevées : 3,0% pour cette année (inchangé depuis juin) puis 2,5% en 2027, un chiffre supérieur aux 2,3% anticipés précédemment, en grande partie en raison de la hausse des prix du pétrole.

L’institution met en avant des facteurs conjoncturels précis : le conflit au Moyen-Orient, les tensions entre Washington et Téhéran et les attaques des rebelles houthis entraînent des risques sur les flux énergétiques. Le Brent a franchi la barre des 100 dollars le baril, alimentant des pressions inflationnistes qui pourraient se traduire par des effets de second tour sur les salaires et les prix, renforçant la nécessité pour la BCE de conserver une marge de manœuvre.

En relevant les taux, la BCE augmente le coût du crédit — immobilier, entreprises et financement public — ce qui devrait freiner progressivement la demande et tempérer les pressions sur les prix. Christine Lagarde a également écarté toute modification du statut ou annulation de la dette française détenue par l’Eurosystème, la qualifiant de violation du traité de l’Union européenne, et a nié tout projet d’annonce sur son avenir imminent.