La séance parisienne débute dans la prudence : à 09h40, le CAC 40 affichait un quasi-équilibre (+0,00%) à 8.637,38 points, après une baisse de 0,16% vendredi. Le marché digère des signaux macroéconomiques contrastés venus des États-Unis, marqués par un recul surprise des ventes au détail de 0,6% en juillet et une forte détérioration de la confiance des consommateurs selon l’enquête préliminaire de l’université du Michigan.

Ces indicateurs ravivent la crainte qu’un ralentissement marqué pèse sur les bénéfices des entreprises, remarque John Plassard (Cité Gestion Private Bank), mais ils réduisent aussi la probabilité d’une nouvelle hausse de taux de la Fed avant les élections de mi-mandat de novembre, souligne Jochen Stranzl (Consorsbank). Malgré cette perspective, les rendements obligataires sont restés élevés : le taux français à dix ans se situait à 4,03% (4,04% vendredi soir) et le Bund allemand à 3,20%, au plus haut depuis 2011.

Les tensions géopolitiques alimentent une autre source d’inquiétude : la montée des prix du pétrole depuis le début de la guerre en Iran en mars suscite des craintes d’inflation, alors que les espoirs d’un apaisement entre Washington et Téhéran paraissent lointains. Sur le plan sectoriel, les investisseurs continuent toutefois de privilégier les semi-conducteurs, bénéficiaires des investissements massifs en intelligence artificielle : STMicroelectronics gagnait 3,84% à 48,45 euros et Soitec 3,48% à 133,70 euros.

En somme, la Bourse de Paris reste vigilante, partagée entre le soulagement d’un possible arrêt des hausses de taux américaines et l’impact durable d’une inflation portée par le pétrole et des rendements obligataires encore élevés.