La Bourse de Paris a terminé nettement dans le rouge lundi, les investisseurs réévaluant le risque français après les violences du week-end et dans un contexte budgétaire déjà fragile. Le CAC 40 a cédé 1,11 %, soit 88,65 points, pour clôturer à 7 868,05 points. Vendredi, il avait progressé de 0,28 % à 7 956,70 points.
La réaction la plus significative est venue du marché obligataire. Le rendement de l’emprunt français à dix ans est monté à 4,92 %, contre 4,80 % vendredi soir. Dans le même temps, l’écart avec le rendement allemand de même maturité a atteint 1,48 point de pourcentage, contre 1,37 point vendredi. Ce spread se rapproche ainsi du niveau de 1,50 point observé en 2012.
Cette tension traduit un doute croissant sur la capacité de la France à stabiliser ses finances publiques. Le niveau élevé de la dette et du déficit, les difficultés entourant le budget 2027 et l’incertitude politique pèsent déjà sur la prime de risque. Les événements du week-end ajoutent une interrogation sur l’acceptabilité sociale de réformes destinées à réduire l’endettement. Le prochain réexamen de la note souveraine française par Moody’s, annoncé pour vendredi, constitue désormais un rendez-vous important.
En Bourse, les secteurs sensibles à la consommation, au tourisme et au risque souverain ont été particulièrement touchés. Accor a reculé de 3,03 % à 45,48 euros et Carrefour de 2,17 % à 16,25 euros. Les banques, fortement exposées aux titres de dette française, ont également baissé : BNP Paribas a perdu 2,48 % à 87,33 euros, Société Générale 3,41 % à 62,27 euros et Crédit Agricole 2,64 % à 15,30 euros. Axa a cédé 1,28 % à 42,42 euros.
Pour un investisseur, le signal à suivre n’est pas seulement la baisse quotidienne du CAC 40. La persistance d’un spread franco-allemand élevé peut renchérir le financement de l’économie, peser sur les valorisations domestiques et maintenir une volatilité supérieure sur les banques et les valeurs cycliques françaises.

