La Bourse de Paris a fini en net recul jeudi, le CAC 40 cédant 1,68% (-142,52 points) à 8 319,87 points, après une séance marquée par des inquiétudes sur la trajectoire budgétaire et la stabilité politique françaises. Les investisseurs se montrent nerveux à un peu plus d’un mois de la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, d’autant que le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas fixé d’objectif de déficit pour 2027, ce qui alimente le doute sur l’ampleur des efforts à venir.

L’affaiblissement de la confiance se reflète particulièrement dans le secteur bancaire : BNP Paribas a perdu 4,79% à 100,66 euros, Société Générale 4,99% à 71,03 euros et Crédit Agricole 3,97% à 18,26 euros, les banques détenant massivement de la dette souveraine française. Parallèlement, le rendement de l’OAT 10 ans a atteint 4,10% contre 4,09% la veille, et l’agence Fitch publiera vendredi soir une mise à jour de la notation de la dette française, ajoutant un élément d’incertitude.

Les publications d’entreprises ont aussi pesé : Pernod Ricard a vu son bénéfice annuel amputé de 26% à 1,2 milliard d’euros, impacté par la faiblesse des marchés américain et chinois, des droits de douane, des coûts en hausse et un effet de change défavorable. Dans le BTP, Eiffage a reculé de 7,40% à 108,80 euros malgré un bénéfice semestriel en hausse de 12% à 342 millions d’euros et un chiffre d’affaires en progression de 2,3% à 12,2 milliards d’euros; Jefferies souligne un flux de trésorerie disponible « relativement modeste » et une perspective prudente.

En contrepoint, les résultats exceptionnels de Nvidia ont soutenu les valeurs technologiques : STMicroelectronics a gagné 2,92% à 43,58 euros et Soitec 2,31% à 110,50 euros, illustrant l’effet d’entraînement des géants du semi‑conducteur sur les marchés mondiaux.