La séance parisienne s'inscrit dans un équilibre précaire : le CAC 40 affichait -0,01% à 8 501,14 points vers 10h30, après avoir clôturé la veille à 8 501,91 points (-0,09%). Deux forces opposées structurent le marché : d’un côté, l’annonce du Trésor américain visant à accroître ses rachats d’obligations à long terme ; de l’autre, la persistance de prix énergétiques élevés, le Brent restant au‑dessus de 90 dollars le baril, alimenté par les tensions au Moyen‑Orient et les déclarations hostiles de Washington envers l’Iran.

Le ministère des Finances américain a indiqué vouloir doubler, à partir du 9 septembre, le montant de ses opérations de rachat d’obligations à long terme (10 à 30 ans) à au moins 4 milliards de dollars par opération, contre 2 milliards actuellement. L’objectif affiché est de soutenir la liquidité du marché obligataire et de faire pression à la baisse sur les rendements, une mesure qui a apporté un certain soulagement aux marchés obligataires et actions américains, mais qui profite moins aux places européennes, plus sensibles aux variations des prix de l’énergie, selon Deutsche Bank.

Sur le plan sectoriel, les valeurs cycliques et les titres sensibles au coût de l’énergie restent sous pression, tandis que quelques valeurs industrielles montrent des signes de reprise. Michelin a pris la tête du CAC 40 jeudi, gagnant 2,08% à 34,80 euros après que J.P. Morgan a relevé sa recommandation de « neutre » à « surpondérer » et son objectif de cours de 35 à 42 euros, un vote de confiance notable pour le groupe.

Les marchés demeurent attentistes : l’effet des rachats du Trésor sera scruté dans le temps, et l’évolution des prix du brut, sous l’influence des tensions géopolitiques et des annonces américaines, reste un facteur clé pour l’orientation des indices européens.