La séance de jeudi a confirmé un mouvement de repli pour le CAC 40, qui a cédé 0,49% pour finir à 8 116,76 points, après un recul de 0,36% la veille (clôture à 8 276,80 pts). Les tensions au Moyen-Orient, et en particulier l'avancée des Houthis vers le détroit de Bab el-Mandeb après la prise de Mokha, sont pointées comme un facteur aggravant les risques pour l'approvisionnement énergétique mondial.
Les marchés ont réagi par une forte hausse des prix de l'énergie: le Brent a bondi de 5,26% à 106,53 dollars le baril et le WTI de 5,35% à 101,19 dollars. Le gaz européen a lui aussi grimpé, le contrat TTF gagnant 3,42% à plus de 81,95 euros/MWh, un niveau inédit depuis 2022. Ces évolutions nourrissent les craintes inflationnistes et ont influencé la communication et la politique de la Banque centrale européenne.
À l'issue de sa réunion délocalisée à Berlin, la BCE a relevé sa prévision d'inflation pour 2027 à 2,5% contre 2,3% auparavant, et a augmenté ses taux directeurs en laissant ouverte la possibilité d'un resserrement supplémentaire. Sur le marché obligataire, le rendement des OAT françaises à 10 ans a explosé à 4,44% (3,34% en clôture la veille), tandis que le Bund à 10 ans est monté à près de 3,50% (3,44% auparavant).
L'écart entre les deux taux atteint près de 0,94 point, le plus élevé depuis 2012, traduisant une défiance spécifique envers la dette française selon des intervenants cités, invoquant la détérioration des finances publiques et l'absence de majorité parlementaire pour un budget 2027. Sur le front des valeurs, L'Oréal a brièvement dépassé LVMH en capitalisation, atteignant 200,03 milliards d'euros contre 201,05 milliards pour LVMH, un signe de la pression exercée sur le secteur du luxe.


