La Bourse de Paris a terminé en repli jeudi, le CAC 40 cédant 0,57% (-48,82 points) à 8 453,09 points, marquant une huitième séance négative consécutive. L’aversion au risque s’est accentuée en Europe après une nouvelle hausse des prix de l’énergie : le baril de Brent gagnait 2,22% à 93,65 dollars vers 18h00, tandis que le contrat TTF néerlandais sur le gaz naturel dépassait 65 euros/MWh (+3,12%), un niveau inédit depuis mars.
Les hausses des cours du pétrole et du gaz sont liées aux déclarations géopolitiques évoquées dans le marché, notamment des menaces du président américain à l’encontre de l’Iran. Charlotte de Montpellier (ING) souligne que ces niveaux élevés du gaz interviennent avant l’hiver alors que les réserves européennes sont basses, un facteur défavorable pour l’économie et les coûts énergétiques.
Parallèlement, les tensions sur le marché obligataire persistent, en particulier aux États-Unis où les rendements ont fortement augmenté en début de semaine (taux de clôture à 5,34% mardi). Les craintes d’inflation, les interrogations sur la soutenabilité de la dette américaine et la forte demande d’emprunt des grandes entreprises technologiques pour financer l’IA ont alimenté cette flambée.
Pour apaiser le marché, le Trésor américain a annoncé le doublement, à partir du 9 septembre, des rachats d’obligations à long terme par adjudication (passant de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération). Cette mesure a temporairement fait baisser les taux, mais le soulagement est resté limité, les causes structurelles de la hausse des rendements n’ayant pas été résolues, selon Neil Wilson (Saxo Markets). Par ailleurs, la dette nominale du gouvernement américain a franchi la barre des 40 000 milliards de dollars, selon le département du Trésor.
Sur le CAC 40, Michelin a terminé en tête (+1,14% à 34,48 euros) après que J.P. Morgan a relevé sa recommandation à l’achat et porté son objectif de cours de 35 à 42 euros. Les rendements souverains en Europe sont restés élevés : le dix ans français à 4,12% (vs 4,10% la veille) et le dix ans allemand à 3,25% (vs 3,26%).


