La présidente de la Cour pénale internationale (CPI), Tomoko Akane, a réagi aux sanctions américaines la visant ainsi que le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye en jugeant que ces mesures pourraient menacer l'ordre juridique international. Dans un communiqué relayé sur X par son éditeur, elle dit ne pas être surprise mais insiste pour que ces sanctions n'entraînent pas la « disparition de l'état de droit international ». Les sanctions interdisent notamment l'entrée des deux magistrats aux États-Unis et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux.

La réponse diplomatique a été rapide et multilatérale: l'ONU, le Haut-Commissariat, l'Union européenne, la présidence de la Commission européenne, le président du Conseil européen, le Japon et la France ont publiquement soutenu la présidente de la CPI et demandé la levée des mesures. Tokyo, en tant que principal contributeur financier de la Cour et allié des États-Unis, a qualifié les sanctions de « très regrettables » et rappelé son soutien constant aux efforts de la CPI pour poursuivre les crimes les plus graves.

Washington, via le chef de la diplomatie Marco Rubio, a justifié ces sanctions en affirmant que les personnes visées avaient participé aux enquêtes et poursuites menées par la CPI contre responsables dont leurs gouvernements n'acceptent pas la compétence. Les États-Unis, qui n'ont pas ratifié le Statut de Rome ayant créé la CPI, ont engagé une offensive diplomatique visant la Cour et pressé des partenaires de s'en éloigner.

Ces mesures interviennent dans un contexte de crise accrue pour la CPI, notamment en lien avec ses enquêtes sur Israël et les mandats d'arrêt émis en 2024 contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, allié clé des États-Unis, qui a salué les démarches américaines. Fondée en 1998 et opérationnelle depuis 2002, la CPI se trouve au cœur d'une confrontation diplomatique majeure qui soulève des questions sur l'indépendance et la protection de ses magistrats.