La confiance des consommateurs américains s’est de nouveau dégradée au début d’octobre. L’indice préliminaire de l’Université du Michigan s’établit à 46,3, après 48,1 en septembre. Le résultat est également inférieur au consensus de 47,8 recueilli auprès des économistes, ce qui traduit une perception plus faible de la situation économique par les ménages.

Le coût de la vie constitue le principal point de tension. Selon l’enquête, les anticipations d’inflation à un an ont légèrement augmenté, passant de 4,6 % à 4,7 %. Elles étaient encore de 3,4 % en février. À cinq ans, la prévision des consommateurs remonte à 3,5 %, contre 3,4 % le mois précédent. Cette progression simultanée sur les deux horizons peut retenir l’attention de la Réserve fédérale, car des anticipations durablement élevées risquent d’influencer les comportements d’achat, les revendications salariales et les décisions de prix.

La détérioration n’est pas uniforme. L’Université du Michigan souligne une baisse marquée du moral chez les ménages à faibles revenus et chez ceux dont le patrimoine boursier est limité. Ces catégories disposent de moins de réserves pour absorber une hausse des prix et peuvent réduire plus rapidement leurs dépenses discrétionnaires. Les secteurs exposés à la consommation non essentielle sont donc particulièrement sensibles à cette évolution.

Pour les investisseurs, l’indicateur envoie un signal ambigu. Un consommateur plus prudent peut peser sur la croissance et les bénéfices des entreprises, ce qui plaide pour davantage de prudence sur les valeurs cycliques. Mais la remontée des anticipations d’inflation limite parallèlement la marge de manœuvre de la Fed pour assouplir sa politique monétaire. Les prochains chiffres de prix, d’emploi et de ventes au détail permettront de déterminer si ce recul du moral annonce un ralentissement effectif de la demande.