La thématique de l’intelligence artificielle a brutalement changé de sens à la Bourse de Paris lundi matin. Vers 11 heures, le CAC 40 perdait 0,75 % à 8 118,11 points, effaçant le rebond de vendredi. Le mouvement était surtout concentré sur les sociétés associées aux semi-conducteurs et aux équipements nécessaires aux centres de données.

STMicroelectronics cédait 5,83 % à 42,07 euros, Legrand 5,11 % à 134,60 euros et Schneider Electric 4,83 % à 277,05 euros. Hors CAC 40, Soitec chutait de 13,71 % à 121,80 euros. À l’inverse, Capgemini progressait de 3,89 % et Dassault Systèmes de 2,82 %, tandis qu’Eurofins Scientific avançait de 2,86 %.

Ce retournement a été associé aux déclarations de dirigeants du secteur appelant à ralentir le développement de l’IA. Dario Amodei, à la tête d’Anthropic, a défendu ce ralentissement, une position ensuite rejointe par Elon Musk et Sam Altman. Ce dernier a également indiqué qu’OpenAI ne serait pas introduite en Bourse cette année. Pour les marchés, ces propos ont ravivé la question du calendrier de monétisation des investissements massifs engagés dans l’IA.

La pression ne venait toutefois pas uniquement de la technologie. Vers 9 heures GMT, le Brent gagnait 3,51 % à 108,28 euros et le WTI 3,44 % à 103,49 euros. Dans le même temps, le rendement français à dix ans restait proche de 4,50 %, contre 3,53 % pour son équivalent allemand. L’épisode illustre ainsi une séance dominée par trois risques simultanés : revalorisation des perspectives liées à l’IA, énergie plus chère et coût du capital élevé.