Le marché européen du diesel s’est brutalement tendu après l’évocation d’une possible restriction américaine des exportations. Les contrats à terme européens ont gagné jusqu’à 7 % le 23 septembre, avant même qu’une décision formelle soit prise. Donald Trump avait déclaré avoir plaidé pour limiter les ventes de gazole à l’étranger, tandis que l’administration américaine évaluait plusieurs options.

La Maison-Blanche a toutefois démenti préparer le gel général de 90 jours évoqué par Politico. Cette incertitude suffit néanmoins à modifier les anticipations, car les États-Unis sont devenus un fournisseur majeur de l’Europe. Selon un spécialiste d’Argus Media cité par la source, les cargaisons américaines représentaient environ la moitié des importations européennes de gazole en août.

Le marché est déjà fragilisé par la réduction d’autres sources d’approvisionnement. La Russie a suspendu ses exportations de diesel en juillet, ce qui augmente la concurrence pour les cargaisons disponibles. Une restriction américaine, même partielle, obligerait les acheteurs européens à se tourner davantage vers les mêmes volumes que l’Amérique latine, l’Afrique ou l’Asie.

Le coût du diesel a des conséquences au-delà du secteur énergétique. Il affecte directement le transport routier, l’agriculture, la construction et certaines activités industrielles. Les prix moyens à la pompe dans l’Union européenne ont atteint 2,23 euros le litre, contre 2,16 euros une semaine plus tôt selon les données nationales publiées par la Commission européenne. La durée et l’ampleur d’une éventuelle restriction détermineront le véritable effet inflationniste.

Les acteurs du marché évoquaient davantage un dispositif partiel qu’une interdiction totale. Des quotas, des exemptions ou des restrictions ciblées produiraient des effets très différents sur les volumes disponibles en Europe. Tant que le périmètre d’une éventuelle mesure n’est pas défini, le risque principal reste donc l’incertitude sur l’offre future.