Des files interminables et des stations à court d'essence illustrent la vulnérabilité énergétique de la Mongolie : plus de 95% de son essence provient de Russie et les frappes ukrainiennes sur des installations pétrolières russes ont fortement perturbé les livraisons cet été. Dans une station située à une heure et demie d’Oulan-Bator, des automobilistes patientent des heures, et certaines pompes n’ouvrent désormais qu’aux véhicules d’urgence.
Face à la crise, le gouvernement a imposé des quotas individuels quotidiens, interdit la constitution de stocks et mis en place un système d’alimentation alternatif par plaques d’immatriculation pour limiter les allées et venues vers les stations. Ces mesures visent à rationner une ressource devenue rare et à protéger l’approvisionnement des zones urbaines, mais compliquent la vie des ruraux et du secteur touristique pendant la courte saison estivale.
Les conséquences économiques sont palpables : le transport routier, dépendant au diesel, subit des perturbations logistiques et une hausse des coûts. Les prix du diesel sont passés d’environ 4 000–4 200 tugriks le litre à plus de 4 600–4 700 tugriks en l’espace de quinze jours, selon un routier cité par l’AFP. Les éleveurs, qui utilisent des pompes motorisées pour l’eau, sont particulièrement exposés.
Pour diversifier ses sources, la Mongolie a entamé des discussions avec le Kazakhstan et a importé du carburant depuis la Corée du Sud et la Chine. Ces importations constituent un palliatif mais n’enrayent pas la dépendance structurelle au marché extérieur. Une première raffinerie nationale est en construction, avec une mise en service espérée en 2028, mais elle ne résoudra pas immédiatement la crise.
La gestion politique est sous pression : le Premier ministre Nyam-Osor Uchral, en poste depuis mars, s’est engagé personnellement sur la supervision du secteur pétrolier. Des initiatives citoyennes sont apparues, comme une plateforme collaborative signalant en temps réel disponibilités, prix et files d’attente, illustrant l’adaptation locale à la pénurie.

