La Corée du Nord et la Russie ont inauguré leur première liaison routière, un pont d'environ un kilomètre traversant le fleuve Tumen — qui marque une frontière de 17 km entre les deux pays. Le projet, lancé le 30 avril 2025, a été mené en quelque 16 mois selon les communiqués officiels et s'accompagne de la construction d'un poste-frontière à Khassan capable d'accueillir 300 véhicules et 2 325 personnes par jour.

Du côté nord-coréen, Pak Thae-song a salué l'achèvement du pont comme un « événement important » qui donnera un nouvel élan à la coopération bilatérale, tandis que le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine, intervenant par visioconférence, a rejeté un signalement d'un partenariat stratégique d'un niveau inédit. Les autorités russes présentent l'ouvrage comme un symbole de bon voisinage et d'aspiration à renforcer les relations.

L'ouverture intervient sur fond de rapprochement marqué depuis 2022, lié à l'offensive russe en Ukraine : Pyongyang a, selon des sources, envoyé des soldats dans la région de Koursk et fourni du matériel en soutien aux forces russes, en contrepartie d'aides financières, alimentaires, énergétiques et de transferts de technologies militaires. L'organisation ukrainienne Truth Hounds avait mis en garde durant l'été que le pont pourrait devenir « une artère directe » pour le transport de troupes nord-coréennes, d'ouvriers et de responsables militaires vers la Russie, et inversement pour des technologies et ressources russes.

Sur le plan économique, la banque centrale sud-coréenne a estimé en juillet que le PIB nord-coréen avait progressé de plus de 3 % en 2025 pour la troisième année consécutive, soulignant que la coopération avec Moscou constituait un « moteur important ». Un responsable de l'institution a aussi noté que le revenu national brut de la Corée du Nord avait été soutenu par une hausse des « devises étrangères » liée au déploiement de soldats en Russie.

L'infrastructure routière complète désormais les liaisons ferroviaires et aériennes existantes entre Moscou et Pyongyang, modifiant potentiellement la nature et la fluidité des échanges bilatéraux selon les autorités et les observateurs.