Les autorités européennes attribuent à la Russie une intensification d’opérations hostiles non conventionnelles visant à faire pression sur les pays de l’OTAN soutenant l’Ukraine. Selon le Centre de sécurité Sahaidachnyi d’Ukraine, le rythme des incidents soutenus par la Russie serait monté à environ 15 par mois depuis avril, contre un maximum d’environ 10 par mois depuis 2024. Ces actions demeurent intentionnellement sous le seuil d’un conflit armé conventionnel.
Parmi les cas récents cités figurent trois drones explosifs découverts dans ou à proximité d’un aéroport allemand — dont l’un retrouvé sous un avion cargo ukrainien — ainsi que plusieurs incursions de drones dans l’espace aérien de l’OTAN, l’un d’eux ayant été abattu au-dessus de la Roumanie. Les services de renseignement néerlandais ont aussi signalé le piratage de caméras connectées pour surveiller les flux d’aide vers l’Ukraine.
Cette campagne intervient en contexte de frappes ukrainiennes plus fréquentes à longue portée contre des infrastructures russes, notamment dans les secteurs pétroliers et gaziers. Les responsables européens estiment que Moscou cherche à dissuader l’aide militaire à Kiev et à approfondir les divisions au sein de l’Alliance. Le porte‑parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a nié les allégations, les qualifiant de prétextes au réarmement européen.
À Washington, la préoccupation a augmenté au point que le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a effectué une visite inattendue à Moscou afin de réaffirmer le soutien américain aux alliés de l’OTAN, selon le Wall Street Journal. De nouvelles évaluations des renseignements américains envisagent que la Russie pourrait tester les engagements de défense collective par une attaque limitée contre un État membre, allant d’une cyberattaque à une incursion terrestre de faible ampleur.