Dans la nuit de lundi à mardi, de fortes explosions ont secoué Kiev : les journalistes de l’AFP ont entendu les détonations, observé des panaches de fumée et vu des foyers d’incendie après une alerte aérienne qui a contraint la population à gagner les abris. L’alerte a été levée au petit matin. Selon le bilan provisoire de l’administration militaire locale, au moins deux personnes ont été tuées et sept blessées. Des bâtiments ont été touchés dans plusieurs quartiers de la capitale et sa banlieue. Les forces aériennes polonaises avaient également été mises en alerte durant l’incident.

Il s’agit de la première attaque visant Kiev après une suspension des frappes de trois jours, décrétée par Vladimir Poutine et réciproquement respectée par Volodymyr Zelensky, durant la tournée inédite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Les deux envoyés, qui ont rencontré Poutine à Moscou samedi puis Zelensky à Kiev dimanche, affirment avoir obtenu des « progrès substantiels » en vue de pourparlers tripartites visant à mettre fin au conflit déclenché en février 2022.

Selon M. Zelensky, cité par Axios, Poutine se serait déclaré prêt à engager des négociations pour une « désescalade » cet hiver, potentiellement accompagnée d’une suspension des frappes sur secteurs stratégiques. L’Ukraine évoque des pistes autour de l’énergie, des céréales, de l’électricité ainsi que du pétrole et du gaz. Le Kremlin, via le porte-parole Dmitri Peskov, a dit ne « pas exclure » une reprise des pourparlers tripartites mais a jugé « encore trop tôt » pour fixer lieu et dates.

Alors que les précédentes négociations avaient achoppé notamment sur la question des territoires de l’est revendiqués par Moscou, Kiev dit se préparer activement à de nouvelles discussions et affirme que ses propositions resteront « constructives ». La trêve de trois jours s’était étendue de samedi à lundi inclus et a pris fin avec ces premières frappes nocturnes.