La SEC a émis des assignations à Bank of America, Citi, Goldman Sachs et JPMorgan Chase pour obtenir des éléments sur le calendrier des transactions de Situational Awareness et ses communications avec les prêteurs concernant l’effet de levier. Les régulateurs demandent aussi aux banques de conserver toutes les informations relatives au fonds basé à San Francisco ; ni les banques ni la SEC n’ont commenté.
Fondé en 2024 par Leopold Aschenbrenner, alors âgé d’environ 26 ans et ancien chercheur d’OpenAI, Situational Awareness avait atteint plus de 30 milliards de dollars d’actifs sous gestion et emprunté des dizaines de milliards pour amplifier ses paris, notamment sur des valeurs technologiques et des fabricants de puces. Selon des sources citées, le fonds affichaient des rendements cumulés supérieurs à 1 000% depuis le lancement jusqu’en juin 2026, avant la chute massive de juillet.
À fin juin, le fonds détenait 5,7 milliards de dollars en SanDisk et 5,6 milliards en Micron, positions qui représentaient ensemble plus de 56% de son portefeuille américain. En juillet, SanDisk a perdu près de 47% et Micron environ 29%, entraînant des appels de marge, des ventes forcées et la liquidation d’importantes positions cotées — y compris une vente liée à Micron qualifiée de l’une des plus importantes liquidations sur un titre unique.
Citadel a racheté une partie du portefeuille coté et a dénoué plus de 80% du risque acquis, exécutant plus de 100 transactions en bloc représentant plus de 4 milliards de dollars en trois semaines. Ken Griffin a indiqué que ces opérations ont contribué à la forte performance du fonds multistratégie Wellington en juillet (+5,94%).
L’enquête de la SEC est à un stade préliminaire et ne préjuge pas de sanctions ; les motifs précis des assignations — manipulation, manquements aux divulgations, conduite des prime brokers ou autres — n’ont pas été précisés. Situational Awareness a déclaré qu’il coopérerait avec les autorités et a conservé sa participation privée dans Anthropic, qui vise une IPO avec une valorisation évoquée jusqu’à 2 000 milliards de dollars.

