Manus AI repart sur une trajectoire indépendante avec une levée de plus de 500 millions de dollars. Sa maison mère, Butterfly Effect, indique que le tour a été conduit par Boyu Capital et IDG Capital, avec la participation d’investisseurs déjà présents au capital, parmi lesquels Tencent, HSG Capital et ZhenFund. Aucun montant de valorisation n’a été communiqué.

Cette opération intervient après l’échec du projet de rachat par Meta. La presse avait alors évoqué une acquisition à 2 milliards de dollars, tandis que des informations plus récentes ont fait état d’une valorisation de Manus proche de 4 milliards. Ces chiffres n’ont pas été confirmés par l’entreprise. En avril, l’autorité chinoise chargée de la planification avait demandé l’annulation de l’opération et, selon des informations de presse, deux cofondateurs avaient aussi fait l’objet de restrictions de déplacement.

Créée en Chine et désormais basée à Singapour, Manus a repris ses activités de manière autonome après sa séparation avec Meta. En septembre, la société a lancé Manus 2.0 et une application distincte, Cue. Cette dernière vise à permettre aux utilisateurs de créer des agents personnels capables d’effectuer certaines tâches, comme des réservations ou des appels. L’entreprise dit également préparer une gamme adaptée au marché intérieur chinois.

Pour les investisseurs, le financement valide l’intérêt persistant pour les agents d’intelligence artificielle malgré un contexte réglementaire complexe. Il donne à Manus des moyens pour accélérer ses produits et sa distribution, mais ne lève pas les incertitudes sur la gouvernance transfrontalière, l’accès aux marchés ni la capacité à transformer l’usage en revenus durables. La composition du tour, qui associe des fonds chinois importants, peut faciliter l’ancrage local tout en maintenant l’ambition internationale depuis Singapour.