La tension sur les marchés obligataires mondiaux a franchi un nouveau cap. Aux États-Unis, le rendement du Treasury à 30 ans a atteint 5,48 %, son niveau le plus élevé depuis 2004, tandis que le taux à 10 ans a grimpé à 5,20 %. La hausse des rendements, qui évoluent à l’inverse du prix des obligations, reflète une réévaluation durable des perspectives de taux et d’inflation.

Plusieurs facteurs se cumulent. La guerre en Iran a fait monter les prix de l’énergie, tandis que l’activité américaine reste robuste et que les dépenses publiques demeurent élevées. Les données économiques récentes ont renforcé l’hypothèse d’un nouveau relèvement des taux de la Réserve fédérale. Depuis la réunion de la Fed de juin, le rendement américain à 10 ans a progressé d’environ 70 points de base, et de 125 points de base depuis début mars.

Cette tension commence à se transmettre directement à l’économie réelle. Les crédits immobiliers américains à 30 ans avoisinent désormais 7 %, soit environ un point de pourcentage de plus qu’avant la guerre. Un coût de financement durablement élevé pourrait peser sur le logement, la consommation et les entreprises, tout en rendant les obligations plus concurrentielles face aux actions.

Le mouvement ne se limite pas aux États-Unis. Le Bund allemand à 10 ans a brièvement dépassé 3,6 % ce mois-ci, un plus haut depuis 17 ans, et le rendement japonais à 10 ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 1996. En Allemagne, l’agence fédérale des finances prévoit 525,5 milliards d’euros d’emprunts en 2026. Les marchés doivent donc absorber simultanément davantage d’émissions souveraines et une inflation qui reste difficile à maîtriser.