De plus en plus de collectivités durcissent leur politique contre les logements vacants. À l'instar de Paris qui va doubler la taxe sur 150 000 logements vacants à partir de 2027, la municipalité de Saintes mettra en place une contribution pour tout logement inoccupé depuis au moins deux ans, applicable dès le 1er janvier 2027. Le maire Bruno Drapron indique avoir retenu la majoration maximale, qui pourra atteindre 50%.

La définition administrative rappelée dans le dossier est stricte : un logement est considéré comme vacant dès lors qu'il est libre d'occupation pendant au moins un an et est occupé moins de 90 jours par an. À Saintes, où 9% du parc serait vacant, les élus motivent la mesure par la pression sur le marché locatif : 1 600 demandes de logements sociaux sont en attente et le délai moyen d'attribution atteint 24 mois. Les responsables locaux estiment que la mobilisation du parc privé pourrait soulager cette tension, en particulier pour les petits logements recherchés (T1, T2).

Nathalie Castaing-Couraud, directrice générale déléguée de la Semis, précise que 50% de la demande se concentre sur des petits logements, et que la remise sur le marché de tels biens permettrait d'orienter une partie des demandeurs vers le parc privé. Le maire insiste sur l'objectif d'incitation : faire louer ou vendre des logements inoccupés pour favoriser l'offre. Toutefois, la mesure suscite des oppositions locales : la Chambre des propriétaires de Charente-Maritime juge le dispositif simpliste et plaide pour des mesures incitatives plutôt que punitives.

La mise en oeuvre effective de la taxe à Saintes inscrit la commune dans la tendance nationale de lutte contre la vacance, mais ouvre un débat sur l'efficacité des sanctions fiscales versus des dispositifs d'accompagnement des bailleurs.