Le débat sur la dette publique française s’est durci après l’intervention du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, sur RTL le vendredi 11 septembre. Celui-ci a qualifié la proposition de La France insoumise d’annuler une partie de la dette détenue par la Banque centrale européenne d’illégale, dangereuse et inutile.
Selon Emmanuel Moulin, une annulation serait contraire aux traités européens. Il estime aussi qu’elle pourrait alimenter l’inflation, fragiliser la place de la France dans la zone euro et réduire la confiance des prêteurs. Une perte de confiance se traduirait potentiellement par des conditions d’emprunt plus coûteuses pour l’État, alors que la mesure ne corrigerait pas le déficit budgétaire courant.
Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard ont rejeté cette analyse. Ils accusent le gouverneur de diffuser de fausses informations et soutiennent que les traités ne précisent pas ce que la BCE doit faire des titres de dette publique qu’elle détient. Manuel Bompard conteste également l’idée qu’une immobilisation de ces titres provoquerait automatiquement une hausse des taux ou de l’inflation.
Au-delà de la confrontation politique, le sujet touche au fonctionnement même de la zone euro. La dette détenue par l’Eurosystème reste un actif inscrit au bilan des banques centrales, et toute modification unilatérale poserait des questions juridiques et de coordination entre États membres. Pour les marchés, l’enjeu central est la crédibilité budgétaire de la France et sa capacité à continuer de se financer à un coût soutenable.


